Bakhita de Véronique Olmi

Couverture de Bakhita avec le nom de l'autrice et le titre en blanc à gauche sur une image colorisée de Bakhita. Elle porte une robe bleue claire.

Bakhita de Véronique Olmi (Albin Michel)

Résumé :

Elle a été enlevée à sept ans dans son village du Darfour et a connu toutes les horreurs et les souffrances de l’esclavage. Rachetée à l’adolescence par le consul d’Italie, elle découvre un pays d’inégalités, de pauvreté et d’exclusion. Affranchie à la suite d’un procès retentissant à Venise, elle entre dans les ordres et traverse le tumulte des deux guerres mondiales et du fascisme en vouant sa vie aux enfants pauvres.
Bakhita est le roman bouleversant de cette femme exceptionnelle qui fut tour à tour captive, domestique, religieuse et sainte. Avec une rare puissance d’évocation, Véronique Olmi en restitue le destin, les combats incroyables, la force et la grandeur d’âme dont la source cachée puise au souvenir de sa petite enfance avant qu’elle soit razziée.

J’ai vu passer ce livre sur Instagram par le blog de Devoratrix Libri et je suis tout de suite partie regarder si le livre était disponible. Il était emprunté, mais avec un peu de patience, le livre est arrivé entre mes mains. Je ne l’ai compris qu’en lisant le livre et en allant regarder Wikipedia après, mais ce livre est une biographie romancée (dans le sens où elle est à la première personne et a donc des points de vue intérieurs que l’on ne pourrait pas avoir autrement). Je ne connais pas bien mes saintes car Bakhita est Sainte Bakhita, la sainte patronne du Soudan.

Elle a vécu une vie extraordinaire qui lui a fait rencontrer de très nombreuses personnes, lui a fait traversé des contrées diverses, et ne lui aura pas permis une ville facile. Elle a connu l’esclavage, la guerre, les deux Guerres mondiales, la pauvreté, la faim, mais aussi l’amour des autres, de ceux qui n’ont rien, de Dieu. Elle raconta son histoire dans les années 1930 et son histoire fut reprise par le régime de Mussolini qui s’en servit d’outil de propagande dans sa guerre contre l’Éthiopie et de sa colonisation du pays ensuite. C’est ainsi qu’on a connu son histoire.

Elle est née au Darfour au Soudan dans un petit village duquel elle est enlevée pour être vendue. Elle sera vendue plusieurs fois, elle sera torturée et maltraitée. Elle finira par être achetée par le consul d’Italie au Soudan qui la ramènera en Italie. L’impression qui ressort de son histoire est qu’elle a vécu plusieurs vies. Elle a vécu assez vieille et a passé la plus grande partie de sa vie à s’occuper des plus pauvres en Italie en faisant don d’elle-même pour aider les filles orphelines et pauvres qui venaient. Mais ses premiers vingts ans semblent avoir duré tellement longtemps. Ce qu’elle a subi est parfois dur à lire.

Mais c’est là que la force de l’écriture de Véronique Olmi vient. Le livre est écrit à la troisième personne, mais c’est un point de vue interne que l’on suit. Bakhita parle un mélange de langues, elle a perdu sa langue maternelle et passe ses années d’esclavage au Soudan à entendre un mélange de dialectes soudanais, d’arabe, et de turque et elle ne retrouvera jamais une aisance pour parler dans aucune des langues qu’elle apprend. Mais on aurait tort de croire que ne pas parler correctement une langue veuille dire qu’on est idiot. Bakhita dans le livre comprend les gens, surtout les plus pauvres, ceux que l’on a abandonné, qui sont seul.es comme elle l’a souvent été, trimballée d’un endroit à un autre, séparée de celleux qu’elle aimait.

Elle se retrouve projeter en pleine fin du XIXème siècle, début du XXème, en plein dans les plus grands conflits modernes et le colonialisme. En Europe, on pense trop souvent que l’esclavage s’est arrêté lorsque les royaumes et empires européens y ont mis fin, mais (et sans compter sur le fait que l’esclavage moderne existe toujours) l’esclavage a continué. Les maîtres de Bakhita furent Égyptiens ou Ottomans et que ce soit légal ou que les autorités soient corrompues et laissent faire, la pratique continuait en masse de prendre des esclaves qui étaient moins que rien. Sa vie fut entourée de morts et pourtant, elle a survécu. Elle a survécu et elle a aidé les enfants pauvres d’Italie qui sont semblables aux enfants d’Afrique. C’est une ode à l’humanité et à l’acceptation de l’autre. C’est un livre sur le racisme et le colonialisme, sur la religion et l’amour de l’autre. Ce sont plein de thèmes qui s’entrecoupent et qui font de ce livre un petit bijou.

Je ne peux que vous recommander d’aller découvrir la vie de Sainte Bakhita dans Bakhita de Véronique Olmi. Autant pour l’histoire de Bakhita, le fond historique sur lequel elle se joue, ou pour l’écriture de Véronique Olmi qui vous attrape et ne vous relâche pas avant d’avoir tourné la dernière page.

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2 réflexions au sujet de « Bakhita de Véronique Olmi »

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