Agnès Grey d’Anne Brontë

Photo du livre avec des étagères de bibliothèque derrière. La couverture est rose avec un fond tapisserie. Une silouhette violette de profil prend la partie haute, le nom de l'autrice et le titre la partie basse.

Agnès Grey d’Anne Brontë

Résumé :

Élevée au sein d’une famille unie mais pauvre – qui n’est pas sans rappeler la fratrie Brontë -, Agnès Grey, 18 ans, fille d’un pasteur d’un village du nord de l’Angleterre, décide de tenter sa chance dans le monde en se faisant gouvernante. Trop discrète et inexpérimentée, elle est vite confrontée à la dure réalité dès son arrivée chez la famille Bloomfield.
Désarmée face à l’indiscipline des enfants gâtés dont elle a la garde, et à l’indifférence cruelle des adultes, elle est renvoyée au bout de quelques mois. Dans l’obligation de subvenir à ses besoins, elle trouve alors un emploi chez les Murray. Les jours passent, avec leur lot de monotonie et de difficultés, jusqu’à l’arrivée du nouveau pasteur, M. Weston…

On est encore en juin pour quelques jours et donc on est encore dans le mois anglais, mais c’est aussi le début de l’été victorien sur le forum The Inn at Lambton, une parfaite excuse pour aller faire un tour du côté de ma sœur Brontë préférée, certes je n’ai pas lu de livre d’Emily, mais j’aime bien Anne et j’avais beaucoup aimé The Tenant of Wildfell Hall. Toujours est-il que ma bibliothèque de quartier a acheté toutes les éditions collector des Brontë chez Archipoche et c’est ma foi plutôt très joli.

Je vais être honnête et je n’étais pas partie pour apprécier le livre tant que ça en le commençant. En ce moment, j’ai envie d’histoires qui finissent bien avec des personnages et des aventures choupinettes. Et cette histoire commence à peu près à l’opposé de ceci. Ce roman est quasi autobiographique et Anne Brontë n’a pas eu une vie facile. Le prologue de cette édition nous présente sa vie et j’ai trouvé ce court prologue intéressant pour replacer l’histoire dans son contexte. Tout comme Agnès, Anne fut gouvernant dans des familles assez tyranniques où elle ne fut pas heureuse, mais cette histoire ajoute une touche d’espoir pour le futur.

Après que sa famille a perdu toutes ses économies, Agnès décide de devenir gouvernante pour obtenir un petit pécule et pouvoir aider sa famille. Elle s’installe dans la famille Bloomfield pour s’occuper des enfants de la famille, de petits vauriens pourris gâté.e.s qui aiment (en suivant aussi l’exemple de leurs parents) martyriser tout le monde, de leur gouvernante aux petits oiseaux (que Tom, l’aîné, s’amuse à torturer de plusieurs manières toutes aussi cruelles). Elle finit par partir et s’installer ensuite chez les Murray, où, bien qu’elle ne soit pas forcément heureuse, elle est quelque peu mieux traitée que chez les Bloomfield (c’est désagréable et blessant, mais ce n’est plus de la torture). Le récit est écrit comme un récit autobiographique, comme si Agnès elle-même nous contait sa vie en choisissant les moments es plus adaptés. Elle passe parfois rapidement sur des mois entiers et passe un chapitre à décrire une scène en particulier. Mais au lieu d’être un problème, cela rend le récit plus facile à lire (il faut dire qu’elle choisit bien ses moments.

J’ai eu du mal avec la première partie, mais une fois chez les Murray, je me suis prise au jeu, et puis le dernier tiers qui voit l’introduction de M. Weston est un plaisir pour la romantique que je suis. Ce livre est écrit comme un journal intime, les portraits faits des personnages sont très vivants et on se croirait dans les lieux décrits.

Le seul bémol que je pourrais faire est la passivité du personnage. Agnès souffre d’une timidité maladive qui est dû autant à sa position dans l’échiquier des maisonnées où elle est enseigne (étant moins que les châtelains et plus que le personnel de maison) qu’à son éducation dans cette période victorienne (où les femmes n’avaient pas mot à dire (quel contraste avec Faith de l’île aux mensonges). Je comprends le choix d’Anne pour ce personnage et il est difficile de s’affirmer lorsque l’on est dans une position de faiblesse où l’on doit laisser passer ce que l’on nous fait si l’on veut pouvoir garder son poste et son salaire, mais on a parfois envie de lui dire de se secouer.

La place de la religion est très importante dans ce livre, Agnès, tout comme Anne, est fille de révérend et très croyante elle-même. Étant moi-même croyante, je trouve ça assez agréable d’avoir des personnages croyants et non, seulement, qui viennent de milieux croyants, mais qui s’en sont détachés. Il est toujours intéressant d’avoir des personnages croyants pour qui la religion est importante et qui soient traités sérieusement. Ici, la période d’écriture aide, mais j’aimerais avoir des livres plus récents, notamment de YA avec des héroïnes/héros croyants (de toutes religions, hein).

En résumé, ce fut une belle surprise que cette lecture d’Agnès Grès et je suis triste d’avoir lu ses deux seuls romans. Si vous n’avez pas encore découvert cette autrice qui avait une plume résolument moderne, je ne peux que vous encourager à vous procurer ses livres (et surtout persistez quelques chapitres parce qu’il est difficile de s’arrêter une fois que l’on est rentrée dans l’histoire.

Article écrit dans le cadre du mois Anglais

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